Donner une valeur monétaire aux arbres ?
#134 Barème de l'arbre : Protéger le patrimoine arboré de nos villes
Bonjour à toutes et à tous,
Va-t-on cesser de considérer les arbres urbains comme des simples mobiliers urbains ? Ils façonnent notre qualité de vie en ville. Pourtant, trop souvent encore, ils sont invisibles dans les décisions d’aménagement ou dans notre manière de vivre et de partager l’espace public.
Dans cette nouvelle édition, notre collaboratrice Agathe a testé le Barème de l’arbre, un outil qui donne une valeur aux arbres afin mieux les préserver et d’encadrer leurs dégradations.
Vous verrez qu’un grand arbre au bord de la chaussée n'embellit pas seulement la rue, il apporte de l’ombre l’été, abrite la biodiversité (oiseaux, insectes, écureuil, etc.) mais il peut aussi coûter très cher à celui qui l’abîme, volontairement ou non.
Bonne lecture !
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Le Barème de l’arbre : un outil concret pour protéger le patrimoine arboré
Le Barème de l’arbre est né d’une initiative collective portée par cinq structures engagées pour l’environnement. La démarche démarre en 2016, autour de Copalme (association d’arboristes-élagueurs grimpeurs), du CAUE 77 (Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement de Seine-et-Marne) et de Plante & Cité, centre technique national dédié aux espaces verts et à la nature en ville. Depuis, ce travail se poursuit et s’enrichit jusqu’à aujourd’hui.
L’objectif du barème est de protéger les arbres de façon préventive, dans le cadre d’un futur projet ou éventuellement de façon répressive dans le cas de dommages subis par les arbres.
Une simple inscription sur le site vous donne accès à une interface vous permettant d’établir un diagnostic : une valeur monétaire de l’arbre (VIE) et une évaluation des dégâts (BED).
La valeur monétaire (BED)
En décembre 2025, nous avons testé le Baromètre (VIE) au sein d’un petit village de l’Aude (Nébias 11500) où trône un magnifique marronnier d’Inde au coeur d’un ancien jardin médicinale. Et quelle a été notre surprise d’obtenir une valorisation de plus de 10 930€ !
Pour information, cet arbre connait une floraison spectaculaire et son impact en faveur de la biodiversité ne sont plus à démontrer ni aux Nébiasaises, ni aux Nébiasais.
Nous avons donc mesuré la circonférence du tronc (210cm), le diamètre du houppier (8m) et la hauteur totale (10m). Nous avons aussi renseigné des valeurs qualitatives :
son état général,
son rôle au sein du village,
ses charges d’entretien,
ses désagréments pour les maisons voisines,
son caractère remarquable.
A noter que cette estimation est non exhaustive sans l’utilisation de la dendrométrie.
Evaluer les dégâts (BED)
Si le marronnier de Nébias connait un jour une altération, le Barème de l’arbre permettra d’évaluer le montant des dégâts causés. Il s’agit du second volet proposé par la plateforme.
Comme pour la valorisation précédente, il faut préparer le nécessaire de mesure, un appareil photo, de quoi dessiner les dégâts et prendre des notes.
L’arbre doit avoir une valorisation monétaire (VIE) de moins d’1 an et les dégâts doivent être évalués dans les 6 mois. Selon la notice BED, les photos avec incrustation de la date sont des preuves particulièrement importantes. Idem pour le constat d’un expert, accompagné ou non d’un huissier. Pour aller plus loin, nous vous invitons à consulter notre dossier complet sur notre site.
Le cas de l’If centenaire d’Orléans
Depuis février 2021, la commune d’Orléans utilise ce Barème de l’arbre au sein de son espace public. Les 9 000 arbres de la ville subissaient une pression urbaine de plus en plus forte. Ils étaient les grands oubliés des travaux publics (source courrierdesmaires).
Ayant conscience des atteintes à la bonne santé des arbres, et surtout faisant le constat que les poteaux électriques étaient davantage respectés, les élus ont donc fait le choix de sensibiliser et sévir le cas échéant.
Désormais, si un chantier ou un citoyen dégrade significativement un arbre orléanais, cela pourrait lui coûter très cher ! Et face aux services judiciaires de la ville, armés du Barème, cette négligence est punie à la hauteur de la valeur de l’arbre dégradé.
Pour illustrer les ordres de grandeur, l’if deux fois centenaire, proche de la mairie d’Orléans a été évalué à plus de 88 000 € (source France Bleu). Les platanes du boulevard quant à eux, représentent une valeur de 10 000 € chacun.

+ Pour aller plus loin dans la valorisation du patrimoine arboré
Sesame est l’outil du Cerema afin d’adapter les territoires au défi climatique. Il a pour objectif de nous aider à planter le bon arbre au bon endroit et de nous suggérer différentes essences d’arbres en fonction des attentes et des contraintes.
Le projet AVEC (Adaptation du végétal au climat de demain) a évalué de nombreuses essences (arbres, arbustes, grimpantes) selon leur résistance aux chaleurs, aux sécheresses futures en France métropolitaine et leur capacité de rafraîchissement. Les résultats sont désormais consultables sur Floriscope , avec une vocation : alimenter des outils d’aide à la décision comme Sesame.
La Fiche-ressources de l’ANBDD sur L’arbre en ville propose de nombreuses pistes biblio-webographiques faisant partie d’une collection Collectivités et Biodiversité. Une véritable mine d’or pour les acteurs des villes.
Le podcast dédié aux arbres avec David Happe
Le podcast dédié à Plante & Cité et au barème de l’arbre avec Caroline Gutleben :
Nous espérons que cette édition vous donnera envie de tester cet outil. Les trottoirs en ville n’ont qu’à bien se tenir, les arbres prennent du galon ! 😁
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