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Bonjour,
Saviez-vous que des hérons se laissent approcher à 3 mètres dans les parcs parisiens ? Ou que des faucons crécerelles nichent en colonie au château de Vincennes, au point d’attirer une équipe de télévision japonaise pendant un mois entier ?
C’est le Paris que Yann Crochet nous décrit. Une capitale presque secrète, vivante où fourmille une biodiversité que la plupart d’entre nous frôlons sans jamais la voir.
Dans ce nouvel épisode de Daily Green, j’ai eu le plaisir d’accueillir Yann, photographe naturaliste parisien depuis plus de 30 ans. Il arpente les bois de Vincennes, le bois de Boulogne, les cimetières et les friches de la capitale avec un seul objectif : immortaliser le vivant en ville.
Nous avons parlé de la faune sauvage qui s’adapte au milieu urbain, de son combat pour sensibiliser les Parisiens à cette biodiversité, et de l’art de cultiver son regard.
Bonne écoute !
Ralentir pour voir la ville sous un autre angle
“Il y a des images que je réalise à Paris que je n’arrive pas à réaliser à la campagne.”
Yann est originaire de province. Arrivé à Paris pour ses études, il ressent rapidement ce besoin de reconnexion à la nature. Plutôt que de fuir la ville, il choisit de la regarder autrement et même de la scruter avec son appareil photo avec une patience d’entomologiste.
Martins-pêcheurs (un des signes que les eaux sont saines) faucons pèlerins, renards, fouines, ragondins... Paris peut se vanter d’être devenu un refuge pour la faune sauvage notamment grâce à la disparition des pesticides.
“La biodiversité est présente. Il faut juste se poser et observer ce qui nous entoure.”
Quand la ville transforme les animaux
Yann nous parle de synurbanisation. Les animaux en ville ne se comportent plus comme leurs congénères à la campagne. Le renard parisien ne “mulotte” plus. D’ailleurs, il n’a plus besoin de sauter sur ses proies toutes les poubelles sont à portée de crocs. Le héron fuirait, en rase campagne, s’il vous apercevait à 200 mètres. En ville, il continue sa pêche aux poissons rouges sans sourciller au milieu d’un parc bondé.
“La ville devient en quelque sorte un refuge. Tant qu’ils ont un habitat et de la nourriture, ils s’y installent.”
On parle également des corridors écologiques, comme la coulée verte, qui permettent à ces animaux de remonter jusqu’au cœur de la capitale.
Un engagement pour une ville plus vivante
Yann ne se contente pas de photographier. Administrateur à la Société Nationale de Protection de la Nature (SNPN), il intervient dans les écoles, organise des expositions en plein air et échange chaque jour avec des dizaines de passants.
Il raconte sa rencontre avec Josiane, 82 ans, lorsqu’elle vient le questionner alors que Yann est allongé parmi les fourmis d’un parc parisien. La nature en ville crée du lien là où les smartphones créent souvent de l’isolement.
Il cite la biophilie, ce besoin fondamental de connexion au vivant, essentiel à notre santé psychique, et rappelle que ceux qui ne peuvent pas quitter Paris le week-end se retrouvent naturellement dans les bois et les parcs. La nature urbaine n’est pas un luxe. C’est une infrastructure de bien-être.
“Cultivons notre regard et préservons la biodiversité, pas seulement sur la nature, mais sur tout ce qui nous entoure.”
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