Daily Green - nature en ville
Daily Green - La nature en ville
[EP#20] Les jardins de copropriétés avec Laurent Gasquet
0:00
-54:35

[EP#20] Les jardins de copropriétés avec Laurent Gasquet

Nouveaux alliés du climat urbain !


Écouter sur votre plateforme préférée : Spotify | Apple Podcast | YouTube |


Bonjour,

Dans cet épisode, j’ai le plaisir de recevoir Laurent Gasquet, dirigeant de Sofraeve, une PME de 70 jardiniers spécialisée dans la gestion des espaces verts de copropriétés en Île-de-France.

Depuis 2020, il mène une transformation profonde : faire des jardins privés de nos villes de véritables alliés face au changement climatique en commençant par les copropriétés.

La place de la nature en ville existe bien. Entre 50 et 70% de la surface végétale de la ville se trouve sur le domaine privé. Ce sont des milliers de jardins de copropriétés, de cours intérieures, de toitures invisibles depuis la rue, et pourtant des espaces décisifs pour répondre aux enjeux climatiques et sociaux de nos villes.

Avec cet ancien cadre de la grande distribution, nous avons parlé de la puissance du végétal, de la transformation de son entreprise, et du rôle des jardins privés comme remède à la solitude des villes.

Bonne écoute !


Se reconvertir pour aligner ses valeurs et son métier

Parcours atypique, Laurent n’avait à la base pas d’affinité particulière avec le végétal avant de reprendre l’entreprise Sofraeve. C’est une prise de conscience écologique, le dérèglement climatique d’un côté, l’effondrement de la biodiversité de l’autre, qui l’a poussé à changer de vie et à reprendre cette entreprise familiale créée en 1973. Ce projet est devenu pour lui bien plus qu’un engagement entrepreneurial, il est une façon d’agir concrètement.

“Je me suis rendu compte de la puissance du végétal, sa puissance poétique et intime, et cette capacité à nous reconnecter à la nature et aux choses vraiment importantes.”


Le jardin de copropriété : bien plus qu’un décor

Historiquement, le jardin des résidences d’Île-de-France a été pensé comme un marqueur de statut social, pelouses uniformes, haies géométriques, maîtrise de la nature. Un héritage du jardin à la française, encore très ancré dans notre culture. Mais Laurent décrit un changement profond de cette vision.

Aujourd’hui, ses équipes portent auprès des copropriétaires quatre fonctions essentielles du jardin vivant : un refuge pour la biodiversité, un régulateur climatique, des espaces de bien-être, et un lieu de lien social.

Le jardin s’inscrit dans une trame verte urbaine, participant ainsi à la préservation et à la régénération des espèces. Il devient un refuge pour la biodiversité.

Végétaliser un parking, planter des arbres, désimperméabiliser une surface peut faire baisser la température locale de 3 à 5 degrés. Il devient alors un régulateur climatique pour l’ensemble de la résidence.

Un sol vivant absorbe l’eau de pluie là où elle tombe et la stocke dans son sous-sol. Enfin, le jardin est un espace de vie sociale, un lieu propice à la convivialité, aux échanges entre voisins et à la création de liens.


Des projets concrets : du toit d’un centre commercial au jardin du musée Rodin

Avec son entreprise, il gère aujourd’hui des espaces totalement différents. Cela peut-être le toit d’une grande surface, en plein Paris. Un lieu original composé d’une mare, d’une prairie, de ruches et de refuges à chauves-souris.

Puis il y a des jardins patrimoniaux comme celui du musée Rodin à Meudon. Un lieu emblématique transformé en espace de gestion différenciée avec des prairies naturelles fauchées seulement une fois par an.

Ce dernier projet sert de vitrine : il montre à tous les jardiniers de l’entreprise qu’un beau jardin ne nécessite pas forcément une gestion intensive.

“On peut avoir de très beaux jardins, même avec des zones plus naturelles où on laisse la nature s’exprimer et s’épanouir librement.”


Réinventer le métier de paysagiste en ville

La décarbonation de l’entreprise a conduit Laurent à repenser l’ensemble de la chaîne. Moins de déchets verts sont évacués (–25% depuis son arrivée), l’outillage est électrique, il met en place actuellement une flotte vélos-cargo pour les déplacement sur les chantiers urbains. La transformation est systémique mais progressive.

“Quand on commence à tirer la pelote, il y a vraiment une approche systémique cohérente qui se met en place.”

Il rappelle que l’évolution de son métier se pense sur le temps long, avec une priorité absolue : l’adhésion de ses équipes.


Le jardin comme remède à la solitude urbaine

Laurent défend clairement le fait que le jardin est un vecteur de re-sociabilisation. Son grand enjeu pour les années à venir ? Faire redescendre les résidents dans leurs jardins, autour d’un potager collectif, d’une fête des voisins ou d’un atelier avec les enfants.

“La reconnexion des citadins à la nature est intimement liée à la préservation et à la régénération de la biodiversité en ville.”

Retrouvez cet épisode passionnant sur votre plateforme d’écoute préférée.


Écouter sur votre plateforme préférée : Spotify | Apple Podcast | YouTube |


Chaque édition de Daily Green décrypte des projets concrets de nature en ville :


Merci de nous soutenir en mettant un like et/ou en partageant cette édition, cela nous aide beaucoup à la faire connaitre, et à continuer à vous proposer du contenu “de qualité”.

Retrouvons-nous sur nos réseaux (Instagram, Linkedin et Youtube).

Dernière chose : prenez soin de vous !

Discussion à propos de cet épisode

Avatar de User

Tout à fait prêt. Qu'avez-vous pour moi ?