Permis de végétaliser !
#Édition 104 - Agir pour ramener la nature au cœur de ma rue et de mon quartier !
Bonjour,
Partout en France, nous sommes de plus en plus à exprimer cette forte envie de retrouver des espaces verts près de chez nous, tout en participant à la transformation de notre environnement.
Le permis de végétaliser, qui porte parfois d’autres noms, s’inscrit pleinement dans cette dynamique. Ce dispositif, mis en place par les municipalités, offre à chacun la possibilité d’agir pour embellir, participer à rafraîchir son quartier, en plantant en bas de son immeuble, sur le trottoir, au pied d’un arbre.
Et il est parfois, voire souvent à l’initiative de citoyennes et citoyens. Je vous en dis plus dans cette nouvelle édition, la 104e.
Bonne lecture !
Cette édition est soutenue par Javoy Green Solution
Mettre en place un permis de végétaliser, simplement et durablement.
Connaissez-vous la pépinière Javoy ? Leur nouveau service vous accompagne dans la mise en œuvre de votre permis de végétaliser.
C’est assez simple, il vous propose un diagnostic personnalisé, gratuit et adapté à vos besoins.
De plus leur sélection variétale raisonnée, leurs conseils techniques et leur expertise horticole vous aiderons à intégrer au mieux des solutions concrètes de nature en ville.
Vous découvrez Daily Green - La nature en ville, voilà quelques informations :
Découvrir les précédents numéros, c’est par là.
Devenir sponsor d’une édition, écrivez-nous en répondant à cet email
Pour vous abonner et recevoir les prochains numéros :
Coup d’œil rapide sur l’édition 104
Le permis de végétaliser, c’est quoi exactement ?
Les principaux avantages du permis de végétaliser
10 villes ayant adopté le dispositif !
Quelques points à savoir…
Quelques questions à se poser
+ Le petit plus si vous êtes une municipalité
Le permis de végétaliser, c’est quoi exactement ?
Le permis de végétaliser est né d’un simple constat : la ville a besoin de nature, et les citoyennes et citoyens souhaitent de plus en plus s’impliquer dans la transformation de leur cadre de vie.
Ce dispositif, délivré gratuitement par les municipalités, autorise chacun(e) à jardiner sur l’espace public – au pied des arbres, en bas de chez soi, sur les trottoirs ou en façade.
Les objectifs sont multiples : lutter contre le réchauffement urbain en créant des îlots de fraîcheur, améliorer la qualité de l’air, favoriser l’infiltration des eaux pluviales, renforcer la biodiversité et, bien sûr, embellir la ville.
Mais au-delà de l’aspect environnemental, le permis de végétaliser est aussi un véritable levier pour créer du lien social, un espace de sensibilisation à l’écologie et une façon de s’investir dans un projet commun.
Il répond à une demande croissante de nature en ville ( 8 Français sur 10 veulent vivre près d’un espace vert selon une étude de l’UNEP).
Il s’inscrit dans une démarche de reconquête des espaces publics pour les rendre plus verts, vivants et adaptés aux nouveaux enjeux climatiques.


Les principaux avantages du permis de végétaliser
Cette démarche constitue une excellente occasion d’impliquer les habitants dans la réappropriation des espaces publics, trop souvent perçus comme de simples lieux de passage ou de circulation.
Embellir les espaces publics : la présence du végétal rend nos quartiers et nos rues plus agréables et accueillantes. Cela nous permet à tous d’embellir notre environnement immédiat et transformer ces espaces souvent délaissés.
Favoriser le lien social : le jardinage collectif dans l’espace public crée des occasions d’échanger avec nos voisins. Ces mêmes personnes qui habitent la porte à côté, mais que l’on croise très furtivement le week-end. Le permis de végétaliser peut également renforcer un sentiment d’appartenance à notre rue et notre quartier. Il devient alors un sujet d’échange avec les commerçants, les associations…
Encourager une gestion participative : il peut aussi fournir des clés aux habitants pour jouer un rôle actif dans l’entretien et l’aménagement des espaces publics. Une responsabilisation qui a tendance à favoriser un meilleur respect des lieux et une réduction des dégradations.
Sensibiliser à l’écologie urbaine : c’est un très bon moyen de sensibiliser à l’importance de la nature en ville, et un bon vecteur d’informations sur les pratiques respectueuses de l’environnement (zéro pesticide, choix d’espèces adaptées).
Lutter contre le réchauffement urbain : nos villes, fortement minéralisées, sont confrontées au phénomène d’îlots de chaleur urbains. Et même si nous sommes sur des zones très localisées et limitées, ce dispositif pourrait contribuer à rafraîchir les espaces publics et à améliorer le confort thermique des habitants.
Renforcer la biodiversité : la végétalisation offre un habitat et des ressources alimentaires aux insectes pollinisateurs, oiseaux et autres espèces. Le choix de plantes locales et mellifères soutient la biodiversité urbaine et peut participer à la création de corridors écologiques.
Améliorer la qualité de l’air : les plantes jouent un rôle important dans la filtration des particules fines et l’absorption du dioxyde de carbone (CO2). Elles contribuent à assainir l’air que nous respirons, un bénéfice direct sur la santé publique. Et même si peu d’études existent encore sur le sujet, il est important de rappeler ce point, cela ne serait-ce que pour sensibiliser le public sur l’impact de la nature sur notre santé.
10 villes ayant adopté le dispositif !
• Paris, la capitale a lancé le permis de végétaliser en 2015. Tout citoyen majeur ou collectif (association, groupe de riverains, école, commerce) peut demander à jardiner sur l’espace public : pieds d’arbres, façades, jardinières ou même en pleine terre après le retrait du bitume.
• Lyon a adopté le dispositif dès 2005. En 2021, la ville avait délivré plus de 1 000 permis.
• Lille a d’abord autorisé la végétalisation des façades dès 1995, puis a officialisé le permis de végétaliser en 2017, sur le modèle parisien.
• Strasbourg et sa métropole proposent un outil via la plateforme "Strasbourg ça pousse", avec charte du jardinier urbain et carte interactive des espaces végétalisés, à l’appui.
• Montpellier autorise la végétalisation au bas des immeubles avec deux sessions de dépôt par an. Les habitants peuvent choisir entre microfleurissement, bacs, pieds d’arbres ou arbres fruitiers.
• Nantes propose un permis de végétaliser pour jardiner en ville, avec une attention donnée à la biodiversité et à l’utilisation de plantes locales.
• Reims a intégré le dispositif pour permettre aux habitants de s’approprier l’espace public avec des plantations variées.
• Metz délivre des autorisations pour végétaliser pieds d’arbres, trottoirs, clôtures et espaces publics non circulés.
• Cachan a initié cette démarche dans le cadre du budget participatif de 2019. Il concerne les pieds d’arbres, clôtures, murs, jardinières mobiles et massifs de pleine terre.
• Orléans vient de lancer depuis peu "Verdissons nos rues" et permet aux habitants de devenir acteurs de la végétalisation de leur quartier en investissant l’espace public.
Votre ville a également mis en place le permis de végétaliser ? Faites-le nous savoir en nous envoyant un [email], nous pourrons ainsi relayer.
Quelques points à savoir…
L’effet du permis de végétaliser reste souvent circonscrit à l’échelle du quartier ou de la rue. Il s’agit d’une écologie de proximité. Il sensibilise, certes, mais ne transforme pas massivement la ville. Il est important que cela fasse partie d’une politique globale de végétalisation.
Aussi, le succès repose sur l’implication des habitants. Un manque d’entretien peut entraîner la résiliation du permis dans certaines municipalités. Les villes imposent très souvent des chartes strictes concernant l’entretien.
De nombreuses communes interdisent la culture de plantes comestibles (pour diverses raisons), d’espèces invasives, toxiques ou allergènes. Vous ne pourrez pas faire le choix de vos végétaux, une liste vous sera directement proposée.
Le permis de végétalisation est temporaire (1 à 3 ans, renouvelables), et peut être résilié en cas de non-respect de certains engagements.
A ce stade, vous avez normalement assez d’informations pour vous lancer.
Quelques questions à se poser.
J’ai sollicité Marie-Laure Rauline, co-gérante des pépinières Javoy pour lui poser quelques questions sur les végétaux adaptés aux façades. Elle est ingénieure horticole et experte en plantes grimpantes.
Peut-on végétaliser une façade orientée nord ?
Oui, et c’est même une demande fréquente ! De très nombreuses grimpantes sont adaptées à ces conditions, tout particulièrement l’hydrangea petiolaris ou la bignone capreolata qui se plaisent à l’ombre et s’accrochent sans souci sur des murs peu exposés. L’orientation n’est jamais un frein si on choisit les bonnes espèces.
Quelles plantes grimpantes choisir pour un projet en espace public ?
On privilégie des espèces robustes, peu exigeantes et autonomes. Chez Javoy, on recommande souvent l’akébia ou l’holboellia, qui s’adaptent bien en pleine terre et résistent aux aléas urbains. La clé : une sélection sur mesure selon les contraintes du site.
Et si le sol est compacté ou de mauvaise qualité ?
C’est fréquent, mais pas bloquant. Un bon diagnostic permet de prévoir les amendements nécessaires et de choisir des grimpantes capables de s’en contenter. Le grand avantage des grimpantes reste tout de même le peu d’espace au sol qu’elles demandent. Les variétés faciles à cultiver dans des sols pauvres sont par exemple les passiflores et les solanums.
Est-ce que ces plantations demandent beaucoup d’entretien ?
Non, si elles sont bien choisies et associées à un support adapté. Une fois installées, les grimpantes en pleine terre sont parmi les plantes les plus autonomes. Un peu d’arrosage la première année, puis une taille légère annuelle suffisent souvent. On mise sur la simplicité pour durer.
Quel est le meilleur moment pour planter mes plantes grimpantes ?
L’automne reste idéal, mais le printemps fait aussi très bien l’affaire. Ce sont les deux saisons où la terre est meuble, les températures douces, et l’enracinement facilité. L’important, c’est de planter hors période de gel ou de fortes chaleurs, afin de favoriser la meilleure reprise des végétaux.
Combien de temps pour espérer profiter de mes plantes ?
En général, dès la deuxième année, le décor commence à prendre forme. Les grimpantes sont rapides, surtout en pleine terre. Certaines comme le chèvrefeuille ou la glycine explosent dès la première saison. Et avec un bon départ, leur croissance est continue… Sans attendre trop longtemps.
+ Le petit plus… Si vous êtes une municipalité.
Vous êtes une municipalité, voilà quelques éléments à mettre en place pour lancer votre “Permis de végétaliser” selon le CAUE Occitanie.
Présentation du projet au conseil municipal : le projet de permis de végétaliser doit d’abord être présenté et voté en Conseil municipal. Cette étape officialise la démarche et permet d’en définir le cadre institutionnel.
Diagnostic : il s’agit de définir le champ des possibles : quels espaces publics sont disponibles à la végétalisation ? Quel sera le rôle de la commune (travaux, fournitures, financement) ? Comment sera organisé le suivi des projets ?
Écriture de la charte et de la convention : les élus rédigent une charte et une convention, puis les font voter en Conseil municipal. La charte précise le but et l’objet de la démarche, engage le futur détenteur à proposer un projet respectueux de l’environnement, à choisir des végétaux adaptés et à entretenir l’installation.
C'est tout pour cette semaine ! j’espère que cette thématique vous a plu et vous a donné envie de participer à votre tour à végétaliser vos rues et votre quartier. Et si vous êtes une municipalité, de proposer un permis de végétaliser à vos administré(e)s.
Merci, à notre partenaire du jour Javoy Green Solutions. On se retrouve la semaine prochaine.
Chaque vendredi, Daily Green vous parle de nature en ville, de cas d’utilisation et vous invite à découvrir des actrices et acteurs inspirants. Si vous pensez que cela peut intéresser votre entourage, merci de la partager.
Prenez soin de vous !







