Le prix de la nature

Daily Green #17

17 mars, nous sommes toujours en 2021 !

- Bonjour à tous, 👋

Après une semaine d’absence, me voilà de retour pour partager avec vous de nouvelles initiatives. Nous avons cramé notre budget carbone ce mercredi 17 mars ** (12 jours plus tard qu’en 2020), de quoi avoir l’esprit en berne. Et pourtant de nouvelles idées sortent de terre (crue) avec cette volonté d’inventer un nouveau modèle de cité, vous en saurez plus dans quelques lignes. Je vous parlerai de la plus grande orangeraie au monde, située au coeur d’une ville de 700 000 habitants. Enfin je vous présenterai un outil pour évaluer la valeur monétaire du grand chêne, celui qui trône au centre de votre quartier. 😉

Bonne lecture !!


🌳 Au fait… Daily Green ?

Daily Green est une newsletter sur ce que la Nature apporte de meilleur à la conception de la ville. Vous souhaitez ne manquer aucune édition, abonnez-vous !


🔖 …Marque-page…

La terre : source inépuisable

Savez-vous qu’un tiers de la population réside dans des habitations en terre crue *? On considère aujourd’hui la terre comme un matériau archaïque, fragile et éphémère, pourtant de nombreux architectes y voient une ressource moderne qui répond aux problématiques de notre siècle. Les avantages sont nombreux dans la construction : aucune transformation à prévoir, un bilan carbone faible. La terre joue le rôle de régulateur thermique: elle emmagasine le chaud et le froid, puis les diffuse ensuite. La terre procure un confort naturel hygrothermique (température constante en toute saison), acoustique et génère un climat intérieur sain. Enfin, la terre est 100% biodégradable et peut-être réutilisable en tant que matière première.

Le plus vieux matériau de construction

La terre est volontiers dans notre imaginaire, un élément friable, instable face au conditions climatiques (pluie, gel etc…) Et pourtant, comme le note le très bon article de l’Institut Mines Télécom, la liste des monuments construits en terre crue, et qui malgré le temps restent encore debout est longue : la grande mosquée de Djenné au Mali, la muraille de Chine (en partie), Shibām (Yémen) la première cité verticale au monde, les villes impériales du Maroc : Fès, Marrakech, Meknès et Rabat.

En France, dans le quartier Croix-Rousse à Lyon, on peut retrouver des bâtiments de 4 à 5 étages en pisé (terre compactée dans des coffrage en bois).

Bureaux en terre et paille de Camargue

Et en 2021 ? A n’en pas douter, de nouveaux projets sont dans les tuyaux des spécialistes du secteur, et des bâtiments sont déjà conçus en partie dans ce matériau, même si la législation n’autorise pas encore les structures en terre crue seule.

Le projet Cycle Terre défend une nouvelle approche, celle d’utiliser les millions de tonnes de terre du chantier du Grand Paris pour construire de nouveaux logements sociaux et privés. Imaginons la quantité de terre non exploitée chaque année sur les chantiers, et qui pourrait servir à limiter l’utilisation du béton.

A Montpellier, le projet Hypocrate, un immeuble de Bureaux utilisera la terre et la paille (de riz de Camargue - ça en jette !) comme élément emblématique du projet. Même si le socle du bâtiment sera conçu en béton, réalisé avec des agrégats récoltés sur place, on peut saluer l’initiative.


Je vous emmène maintenant en Espagne, à Séville dans la ville de l’orange !

🇪🇸 Les oranges de Séville pour produire de l’électricité

Produire une énergie électrique à base d’oranges, c’est le projet de la ville de Séville en Espagne. En effet chaque année ce sont plusieurs tonnes d’oranges amères qui se répandent sur le sol de cette ville d’Andalousie.

Le projet, mené par la société en charge de la gestion de l’eau, est de capter le méthane capturé lors de la fermentation des oranges pour générer une énergie électrique. L’expérimentation est portée par les générateurs de purification d’eau. Si les résultats sont positifs, la prochaine étape sera d’alimenter des habitations. Selon les spécialistes, 1000 kg d’Oranges pourraient éclairer 5 logements par jour. Et si toutes les oranges de Séville étaient récoltées, ce serait 73 000 logements qui seraient alimentés.

Retenons donc que Séville est la plus grande orangeraie du monde avec ces 48 000 orangers et que ce sont des tonnes d’oranges non consommées qui jonchent les rues chaque année. 200 personnes sont employées pour ramasser ces fruits qui finissent par pourrir…. mais pourraient bientôt éclairer?

➟ Source


🍃 Sur les toits de ma ville avec Captain Végétal

Il y a quelques mois, je rencontrais Clément Ajzenberg de Captain Végétal, et nous échangions sur la place du végétal dans la ville. On abordait alors les sujets suivants : en quoi végétaliser notre environnement urbain peut permettre de valoriser le foncier, mais aussi favoriser le retour de la biodiversité ? Quels sont les freins et comment pouvons-nous participer en tant qu’individu à cette révolution végétale ? Je vous invite à découvrir ou à relire notre échange!

➟ Lire notre échange


🌳 Connaître la valeur des arbres…et évaluer les dégâts

Quel est l’intérêt d’attribuer une valeur monétaire à l’arbre des villes ou des campagnes ?

Le barème de l’arbre est un projet commun de Copalme, le CAUE 77 et Plante & Cité.

Cet outil, qui selon les créateurs, s’appuie sur des données scientifiques avec l’ambition de devenir une référence française auprès des gestionnaires, des juristes, des assureurs et l’Etat.

L’objectif est de protéger les arbres de façon préventive, en sensibilisant le public et les professionnels dans le cadre de nouveaux aménagements ou de campagne de communication. Cet outil vise également a agir de manière répressive; à partir de la valeur de base de l’arbre, on peut, dans le cadre d’un sinistre, évaluer les dommages, et ainsi demander des indemnités.

Mais comment évaluer la valeur d’un arbre ? Plusieurs critères sont mentionnés : l’essence patrimoniale de l’arbre et son prix en pépinière, les bienfaits pour la communauté (exemple: ombre / fraîcheur apportées) des éléments qui augmentent sa valeur. Cependant si l’arbre est issu d’une essence invasive ou si son pollen provoque des allergies, son prix sera dévalué. Une plateforme a été développée pour permettre en 11 points d’évaluer un arbre, et de pouvoir si besoin estimer la dégradation qu’il aurait éventuellement subie.

➟ Barème de l’arbre


🎧… Restez à l’écoute….

🌳 60 jours sous terre #Podcast

Cette semaine, je voulais partager avec vous le podcast de “Les Others” qui aborde une forme de confinement autrement plus compliquée et autrement plus dingue que celle nous avons pu vivre en 2020. L’avantage si l’on peut dire, c’est qu’elle a été choisie et a permis de faire avancer des connaissances scientifiques (par exemple sur le rythme circadien). Michel Siffre raconte son expérience de 60 jours dans le gouffre de Scarasson à la frontière franco-italienne. En 1962, il est jeune spéléologue et passionné de géologie et durant ces deux mois, il se plonge dans le noir total, déconnecté de tout et de tous, avec pour seul compagnon un téléphone via lequel il renvoie des données techniques journalières. Perte de la notion du temps et de l’espace, une aventure qui pourrait être un cauchemar si elle n’était pas préparée !!

➟ Ecouter le podcast


📚… A découvrir

🏫 Adieu Bitume dans la cour d’école : Article très intéressant de Reporterre qui soulève certaines problématiques propres à nos cours d’école. Et si cet espace n’avait pas été pensé pour les enfants, mais pour permettre aux adultes de seulement les surveiller ? D’après une étude de l’Unicef, l’égalité garçon-fille et une occupation équilibrée de l’espace ne sont pas favorisées, les garçons investissant le terrain de foot central au détriment des filles “reléguées”tout autour . En grande partie bitumé, cet espace peut vite devenir irrespirable lors des canicules. Partant de ce constat, les cours “Oasis” voient le jour, en intégrant une végétation dense, des cachettes et du relief; certains professeurs ont constaté une cour plus apaisée et une baisse de la violence entre élèves. A découvrir …

🖋️ Plumes with attitudes - Au coeur des ténèbres [newsletter] : Une des newsletters qui a marqué mes lectures ces derniers mois. On sort un peu de la nature en ville, pour se plonger dans les algorithmes et le côté obscur d’internet. 70% des vidéos consommées sur YouTube sont le fruit d’une recommandation algorithmique… Benjamin Perrin interroge Tristan Mendès-France, maître de conférence et combattant de la haine en ligne. Je vous en dis pas plus, l’échange est passionnant…


Je tenais à remercier tous ceux qui m’ont fait des retours sur la question de l’édition précédente et avec qui j’ai échangé avec plaisir. Je vous donne plus d’informations sur le projet lors de la prochaine édition. Continuons à échanger!

Laissez un message


Relire la newsletter précédente


Prenez soin de vous, et si vous avez apprécié cette édition, merci de partager autour de vous. Pensez à vous inscrire pour recevoir la prochaine dans votre boite email.

A très vite !


*Craterre ** Goodplanet, image de couverture : Outdoor Recreation Council BC